Quand je ne suis pas à l’écriture ou à la recherche, y’a de quoi à faire dehors.

PHOTO : Jacques NADEAU

Nous avons rencontré Martin Naud, il venait de terminer le tournage du film réalisé́ par Robin Aubert « Tu ne sauras jamais », qui sortira en 2023. Martin écrit. Il publie chaque semaine des textes et les enverra à qui voudra bien les lire. Ce grand gaillard jadis policier, est un tendre qui veut rester en mouvement.

Le tournage du film d’Aubert a duré́ du 9 mai au 10 juin et j’ai été devant la caméra 24 fois. À 87 ans disons que c’était tout un projet ! Dans le film j’ai vécu ma propre mort, ce fut très dur.

JE NE SUIS PAS PRÊT À MOURIR, MAIS J’Y PENSE.

Je suis pratiquant, j’aime mais je critique ma religion. Je suis assez prêt à partir parce que je crois en une autre vie. Si je n’avais pas la foi je basculerais dans le vide.

J’ai eu une femme merveilleuse et ma vie a été fort remplie. Récemment j’ai voulu en connaître davantage sur mes ancêtres. Avec un petit cousin, on a rédigé un dictionnaire généalogique et j’ai aidé́ à organiser une grande fête réunissant 1300 Nau à Deschambault. Le premier ancêtre François Nau, est arrivé au Québec en 1666. Le nom aujourd’hui s’écrit Nault, Naud et Neault.

LE SIMPLE FAIT DE CONNAÎTRE TON HISTOIRE T’AIDE À VIVRE LE MOMENT PRÉSENT.

J’ai aimé́ mon travail. J’étais sergent détective expert en origines et en causes d’incendies.

Par la suite ce sont les compagnies d’assurances qui ont eu recours à mes services.

J’AI MAL PARTOUT MAIS L’IDÉE DE M’ARRÊTER NE ME VIENT PAS EN TÊTE.

Heureusement je suis entouré de mes six enfants qui demeurent assez près de chez-moi et qui prennent soin de moi.

Quand je ne suis pas à l’écriture ou à la recherche, y’a de quoi à faire dehors : la piscine, mon jardin, je fais mon compost… Et puis j’aime les gens, la nature…

LA TRANSMISSION DU SAVOIR SE PERD ALORS QU’ELLE POURRAIT SERVIR LA COMMUNAUTÉ.

Imaginez, sortir d’anciens profs des CHSLD, ceux qui le peuvent, pour qu’ils puissent aider les jeunes dans leurs travaux scolaires ! Ce serait formidable !

Malheureusement les personnes âgées ne sont pas reconnues pour leurs expériences de vie. On préfère les installer dans des résidences où on leur donne un faux sentiment de bien-être.

Et puis il y a tout l’aspect de non-reconnaissance à l’égard des aînés. Si aujourd’hui notre société a tous ces outils, toutes ces bâtisses et routes construites, si on vit si bien, c’est grâce à ceux qui nous ont précédés.