Luce LACASSE, 62 ans, cherche à être en équilibre avec sa nouvelle identité de retraitée, un mot qu’elle n’aime pas. Ne se sentant pas vieille, mais hors des réseaux en lien avec le marché du travail, elle se tourne vers le yoga et la pratique de l’art pour éclairer sa quête.
J’adore faire du yoga à l’extérieur, cela me calme, car plusieurs choses sont assez troublantes dans le fait de vieillir. L’une d’elles est de penser à ces établissements qui aujourd’hui offrent des formules d’hébergement reluisantes axées sur la sécurité et où le vivre ensemble se résume à passer le reste de tes jours avec des personnes du même âge, mangeant aux mêmes heures, faisant les mêmes activités jour après jour.
C’est épouvantable.
Les promoteurs immobiliers misent sur l’esthétique des lieux et les gestionnaires sur la sécurité et le fait que les résidents s’amusent à longueur d’année.
C’est une aberration, surtout quand on sait que la grande majorité de la population souhaite mourir à la maison.
LA LOGIQUE SERAIT DE MAXIMISER LES PROGRAMMES DE SOIN À DOMICILE, IL ME SEMBLE.
Sommairement, il y a une différence entre « faire des activités » et « être en projet ». Le premier est dévalorisant car il fait penser à un système de garderie, où là il faut effectivement organiser les plus jeunes parce qu’ils sont en bas âge, mais par pitié, pas à 65 ou 70 ans!
Pour le moment, mon projet est de m’affirmer comme artiste peintre.
VIEILLIR IMPLIQUE AUSSI SE REFAIRE UN ÉQUILIBRE IDENTITAIRE.
Quand tu travailles, tu as normalement une certaine forme de reconnaissance. Du jour au lendemain, tu ne l’as plus. Tu dois réorganiser ta vie et surtout, continuer à te sentir utile.
À partir de 60 ou 65 ans, tu peux continuer à apprendre pour mieux servir la collectivité et puis c’est bon pour ta santé mentale.
