Vieillir c’est une continuité, changer de décennies ne m’a jamais dérangé.

PHOTO : Jacques NADEAU

Amédée le lucide

Amédée Poitras fait du bénévolat à 92 ans. Il possède une mémoire phénoménale et une forme physique qui fait l’envie de plusieurs. Teint radieux, silhouette sportive, cet homme à la démarche fière et engagée aime passer son temps à prendre soin des autres.

Vieillir c’est une continuité, changer de décennies ne m’a jamais dérangé car je m’assure d’être actif la plupart du temps. Je suis devenu bénévole sans m’en rendre compte. J’ai pris ma retraite comme vendeur d’assurance à 59 ans; j’avais fait du porte à porte toute ma carrière. Plus jeune, je livrais le pain pour mon père, nécessairement je rencontrais les gens du coin, des familles. Ces habitudes me sont restées et faire du bénévolat devenait la suite logique. J’ai été bénévole, au CHSLD de L’Assomption jusqu’à la pandémie. Pendant la 1ière vague les résidents sont restés enfermés pendant des mois. Cela m’a beaucoup peiné.

Un autre moment difficile a été quand j’ai dû laisser aller mon permis de conduire à 90 ans, ce fut très dur, parce qu’avoir une auto, c’est l’indépendance. J’habite la Résidence Marie Rose à l’Épiphanie depuis 20 ans.

J’ai choisi ce mode de vie parce que je ne voulais pas devenir un fardeau pour mes enfants.

Ici tu as tous les services et le gros avantage est que même si tu as des pertes cognitives, on te garde autant qu’on est capable de te donner des soins adéquats. Par contre il y a un manque.

Durant la pandémie, tout le personnel a changé, on les rencontre dans le corridor et on ne connait pas leur nom. Je suis aussi attristé du fait que les seules personnes qui fréquentent les résidents sont celles qui ont de la famille ici.

Avant COVID, nous avions formé un chœur de chant et des petits de l’école à côté étaient venus chanter avec nous. Nous avons aussi eu des échanges avec des jeunes du secondaire. Il ne reste plus rien de ça !