Il y en a peut-être qui aimeront parler de leurs bobos, de leurs voyages, moi j’aime être dehors ou dans mon atelier à travailler le bois.

PHOTO : Jacques NADEAU

Benoit est un gars-de-ville-converti-campagne. La transition s’est faite graduellement, une propriété au départ chalet qui est devenu un coin de paradis au fil des ans. Benoit aime ‘gosser’ le bois et passera ses journées à l’extérieur, été comme hiver !

Vieillesse

Je n’ai plus d’argent qui rentre, donc je suis à la retraite…Il y en a peut-être qui aimeront parler de leurs bobos, de leurs voyages, moi j’aime être dehors ou dans mon atelier à travailler le bois. Quand je regarde le produit final je me dis c’est beau, ça sent bon…Mais j’avoue qu’à la fin de la journée, ce n’est pas comme quand j’avais 20 ans. Le corps te le fait savoir.

Le bon côté dans la vieillesse est que tu as plus de temps. Avant, je n’arrêtais pas, la job, la maison à Montréal puis le chalet…Aujourd’hui je prends du temps pour moi. Aménager ce chalet en maison permanente c’est une chose qu’on a toujours voulu faire avec ma conjointe. On a un autre projet, celui de construire une cabane à sucre.

On est heureux ici et quand je veux jaser avec quelqu’un, je n’ai qu’à aller dans le chemin et il y a toujours des marcheurs. Les voisins font leurs affaires; on se voisine juste assez, on aime bien l’heure de l’apéro. À la maison avec mes parents, nous étions cinq enfants. Je les vois de temps en temps, mais ma vie, c’est ici que ça se passe. Je suis bien.

Rétroviseur, moments marquants, regrets

Ma rencontre avec Luce ma conjointe il y a 35 ans, demeure le moment le plus marquant de ma vie. Je venais de me séparer; avant de rencontrer Luce j’avais acheté le chalet puis avec elle, on a acheté à Montréal. On a eu un enfant. Deux enfants ça aurait été bien, mais elle a eu des difficultés à l’accouchement. La vie en a fait ainsi.

Milieux de vie

Mes deux vieux étaient dans des résidences pour personnes âgées (RPA) et ils étaient bien. Mon père est un TDAH comme moi. Ma mère jasait avec tout le monde, elle s’est occupée de la bibliothèque. C’était un RPA à trois étages situé sur le bord d’une rivière, pas un gratte-ciel construit sur de l’asphalte. Mon père à l’époque avait 84 ans et il n’aurait pas aimé ça. Mes parents sont partis un après l’autre. Ils sont tous les deux décédés en l’espace d’un an. Ils y auront bien vécu leurs derniers jours.

Perception des personnes âgées

Ça dépend un peu de nous et je dirais que l’âge n’a rien à voir. Mon ancien helper avait 40 ans et n’était pas capable de me suivre. Il avait toujours quelque chose qui n’allait pas. Ça dépend comment on a été éduqué. Nous à la maison, nous étions de grands travaillants pour la plupart, on n’en avait jamais assez. Aujourd’hui, alors que je suis dans la soixantaine, ce n’est pas différent.

La suite des choses

Avec ma mère et mon père nous avons abordé le sujet de la mort. À la fin de sa vie, elle a demandé l’aide à mourir. Elle prenait des médicaments et on ne lui a pas accordé pour cette raison. Elle était pourtant tannée et fin prête à partir. Elle aurait été une bonne candidate.

Pour ma part si j’ai un problème cognitif, je sais quoi faire, où aller. Je ne me vois pas dans un RPA. Si ma conjointe et moi on a tous les deux des problèmes, peut-être que nous n’aurons pas le choix. Les parents de Luce ont 90 ans et vivent encore dans leur maison. Alors il y a de l’espoir !