Claude St-JEAN est arrivé à L’Assomption en 1961, un endroit qu’il nomme « village » et pour lequel il voue une réelle passion pour son histoire. Aujourd’hui à 76 ans, il dit profiter pleinement de la vie.
J’aime ce village, j’ai de l’affection pour cet endroit. J’y ai une arrière arrière-grand-mère qui y a vécu et qui est enterrée sous l’église. Des générations de St-Jean ont vécu à L’Assomption, après les gens se sont établis ailleurs.
J’AIME FAIRE DE LA RECHERCHE, FAIRE DES HISTORIQUES
ALORS J’AI FONDÉ UNE SOCIÉTÉ D’HISTOIRE.
Je publiais 1 le résultat de mes recherches l’été quand j’étais en vacances, j’avais une chronique sur le Web. Ces écrits sont aujourd’hui archivés pour que d’autres en profitent. J’ai pris ma retraite à 50 ans et je ne me suis jamais ennuyé depuis. J’aime notre quotidien à ma compagne et moi. On se lève à l’heure qui nous convient, on s’occupe chacun de notre côté durant la journée et le soir venu, nous mangeons à la maison ou au restaurant selon notre humeur.
Je trouve étrange que les gens aient hâte d’aller dans des résidences pour personnes âgées, certains attendent longtemps, il y a même des listes d’attente…Pour moi cela est impensable. Je comprends mal pourquoi quitter si vite un milieu que tu connais, pour vouloir habiter un endroit anonyme où tu n’as pas tes racines, tes repères.
IL Y A LÀ UNE ESPÈCE DE DÉMISSION.
Il faut dire qu’elle est encouragée par les promoteurs immobiliers qui vendent la sécurité, la facilité, des repas servis pour que tu n’aies plus à te faire à manger et puis les édifices poussent comme des champignons.
C’EST ASSEZ DÉSOLANT.
Avec France nous avons une vie bien remplie, ce que je regrette est peut-être le manque des liens avec les générations qui nous ont précédés. J’ai évolué en milieu étudiant et depuis que j’ai quitté, je n’ai plus de contact. Chacun avance sur son chemin, jeunes, aînés. Il serait intéressant d’avoir une forme de communication.
CETTE FORME D’ISOLEMENT M’ATTRISTE DANS LE FAIT DE VIEILLIR.
Malgré tout, nous nous considérons privilégiés et quand nous ne serons plus capables de vivre ici, nous irons ailleurs car nous n’aurons plus le choix, mais ce que nous désirons plus que tout est de rester dans notre maison le plus longtemps possible. Cela fait un moment que le gouvernement parle de soins à domicile, espérons que ce soit à point quand nous serons rendus à cette étape-là de nos vies.
[1] Parmi ses publications : « Une foi au pays des méandres, 1724-1799 ».
