La « résidence pour personnes âgées » telle qu’elle est conçue aujourd’hui est un modèle de développement désuet.

PHOTO : Jacques NADEAU

Clément LOCAT a 77 ans et a un intérêt de longue date pour le patrimoine. Ce lien avec l’histoire ne l’empêche nullement d’être ancré dans un présent actif où il sait garder la forme, à un point tel qu’il a du mal à s’associer à la notion de vieillesse.

J’ai acheté la maison que j’habite aujourd’hui dans ma vingtaine, puis avec les années je me suis documenté sur l’architecture ancienne. Je l’ai restaurée et l’ai fait déplacer en un seul morceau, sur un fardier. J’avais trouvé un terrain exceptionnel et c’est là que je voulais qu’elle soit.

SI JE PEUX RESTER DANS CETTE MAISON JUSQU’À 90 ANS JE VAIS ÊTRE HEUREUX.

J’ai des amis de très longue date. Je suis issu d’une famille pratiquante du côté de mon père; aîné de 7 enfants, j’ai dû prendre ma place. C’est une règle qui m’a servi tout au long de ma vie.

Je suis géologue de formation. Après avoir travaillé pour Hydro Québec sur les avant-projets de centrales électriques de la Baie-James, j’ai pris ma retraite : j’avais 55 ans.

J’ai aimé ce que j’ai fait professionnellement. J’avais un travail exigeant mais motivant. Je ne suis pas parti parce que j’en avais assez, mais pour pouvoir profiter des années actives qu’il me restait.

Ce que je ne savais pas c’est qu’à la retraite, on a cette fausse impression d’avoir du temps, alors qu’il file plus vite que lorsqu’on travaille.

Honnêtement, je ne pense pas souvent à la vieillesse. Je suis chanceux, j’ai une bonne santé, je suis actif: ski de fonds l’hiver, vélo l’été. Je suis membre d’un conseil d’administration où il y a des gens plus jeunes, je ne sens pas la différence.

CE QUI EST TOTALEMENT ABERRANT EST D’ISOLER DES PERSONNES DANS DES MAISONS SELON LEUR ÂGE.

La « résidence pour personnes âgées » telle qu’elle est conçue aujourd’hui est un modèle de développement désuet. Ce qui existe ne fonctionne pas.

Les Libéraux ont été au pouvoir pendant 12 ans et n’ont rien réglé. Aujourd’hui, c’est comme si l’histoire ne nous avait rien appris, le gouvernement croit encore fermement qu’il faut construire à grands coûts des « Maisons des aînés »… Ont-ils le personnel pour les faire fonctionner ? Poser la question c’est y répondre.

Mais il y a des solutions, il s’agit d’être inventif.

Il faut penser en dehors de la boîte et pour ceux et celles qui veulent rester dans leur maison, investir dans des soins à domicile.