Je ne suis pas prêt à dire que parce qu’on prend de l’âge, nous n’avons plus notre place. Il faut aussi faire un effort.

PHOTO : Jacques NADEAU

Kenneth est un adepte du Carpe Diem. La vitalité de cet homme de 87 ans inspire de par son implication au sein de sa communauté et les activités sportives qu’il se fait un réel plaisir de pratiquer. Pour Kenneth, la vieillesse, c’est pour demain !

Vieillesse

J’ai été chanceux, je n’ai jamais manqué de travail, à part la fois où je me suis fait opérer pour un hernie. Premièrement j’aime mon implication auprès de la communauté à différents niveaux et j’aime la vie. Je regarde devant, jamais derrière. C’est passé et on ne peut rien y faire.

Je vis seul mais je suis une personne qu’on peut qualifier d’entourée. Je profite de chaque jour et chaque opportunité de rencontre. Je fais partie des Chevaliers de Colomb et mon côté social y trouve son compte. Je prends soin de ma forme physique. L’hiver dernier j’ai fait 63 journées de ski alpin et si St Côme n’avait pas fermé à cause des conditions météorologiques, ça aurait été bien plus. J’ai des bons amis de ski. L’été j’ai des amis de golf qui ont entre 83 et 87 ans. Ils sont en forme. La vitalité physique pour moi, c’est important. Mon père est mort à 91 ans, ma grand-mère à 96 ans, disons que je suis bien parti !

Cet hiver j’ai pris la route pendant une grosse tempête de neige, pas question de manquer un voyage de ski déjà prévu. J’ai fait du beau ski au Mont Édouard puis à la Malbaie. On m’appelait le chevreuil de St Côme parce que je dévale les pentes rapidement ! Alors la vieillesse, vous comprendrez que ça demeure un concept pour le moment.

La suite des choses

J’ai eu le cancer de la prostate et j’ai été soigné à l’hôpital de Trois-Rivières. J’ai eu d’excellents soins. Mais pour moi ce qui compte c’est d’aller de l’avant. C’est çà la vie. J’évite de me laisser aller.  Je vis le moment présent et j’espère que ça va continuer comme ça. Je me tiens en forme, je vois la vie du bon côté.

Si un jour vient où je n’ai plus la force de pratiquer mes sports, le ski, le golf, ou toute autre activité que j’apprécie en ce moment, je serai forcé de ralentir. Ça sera çà. On ne peut pas reculer.

Milieux de vie

Je veux rester dans ma maison jusqu’au jour où je n’en serai plus capable. Il y a un projet de construction de résidence à Rawdon. Si je suis pour y aller, j’irai. J’ai des amis qui sont dans des résidences, certains aiment, d’autres moins. Je suis allé dîner avec un groupe d’amis qui y vivent depuis quelque temps et j’ai aimé l’ambiance. On était entrenous. Mais je ne veux pas me retrouver dans une résidence où je ne connais personne, même à Joliette. Je veux être avec mon monde. C’est essentiel.

Perception

Je ne suis pas prêt à dire que parce qu’on prend de l’âge, nous n’avons plus notre place. Il faut aussi faire un effort. Je suis croyant pratiquant et je ne manque jamais la messe du dimanche. À la fin de l’office on se rencontre, on discute. Cela fait du bien d’échanger avec des gens qui partagent les mêmes affinités que toi.

Ma voisine ne sort pas, elle dit que la vie est plate. L’autre jour je lui ai fait une remarque qui a pu lui paraître un peu dur mais qui a le mérite d’être vraie et surtout sincère :

« Promène-toi un peu dans le village, ça va changer ta perception de la vieillesse. Ce n’est pas à rester cloitrée dans ta maison à faire des mots croisés que tu vas trouver que la vie en vaut la peine; sors un peu, voit du monde et la vie te le rendra au centuple. »