Je vis au jour le jour. J’ose pas penser à la mort, ça vient toujours trop vite.

PHOTO : Jacques NADEAU

Il y a une forme de sérénité à vieillir à la campagne, un certain bonheur rural.  Marguerite a 91 ans et apprécie chaque petites joies que la vie lui apporte. Ses enfants ne sont jamais loin et c’est ce qui lui procure non seulement un sentiment de sécurité aussi un d’allégresse.

 La vieillesse

C’est juste de vieillir, on passe tout par-là. On a des plis, on est pas beaux mais c’est pas grave. Je suis bien contente de pas avoir plus de problèmes de santé. J’ai été opérée au cerveau il y a six ans, mais ça va bien.

J’ai trois enfants, une fille et trois garçons. Jean-Pierre vit ici à St Cuthbert, il passe me voir quotidiennement. Celui qui vit à Sainte-Anne-des-Plaines m’appelle tous les soirs vers 22h, il sait que je me couche tard. Ma fille habite à Joliette et passe une journée une fois par semaine, elle fait ma commande à Berthier, dine avec moi et quitte.

Je vis au jour le jour. J’ose pas penser à la mort, ça vient toujours trop vite. Ce que je sais est que je voudrais rester dans mon chez-nous jusqu’à la fin. J’y suis très bien.

Les vieux ont-ils la place qu’ils méritent ?

C’est sûr qu’on pourrait faire mieux pour les personnes âgées. Mon Dieu Oui ! Il y en a tellement qui sont seuls, qu’on a mis dans des résidences et qui attendent la mort. Je me compte chanceuse. En plus de mes enfants, j’ai aussi des bonnes amies qui viennent me chercher de temps en temps. J’ai une personne de l’ADDA (Aide à domicile d’Autray) qui vient quelques fois par semaine; je préfère payer et rester chez-nous que d’aller en résidence, ça non jamais.

Regard dans le rétroviseur

Je regrette rien, je suis contente de la vie que j’ai eue. Je suis bien gâtée par mes enfants. Notre vie avec Marcel a été bien occupée. On avait un commerce à même la maison, y’avait du monde à la journée longue. Les enfants ont toujours vécu avec des gens autour. Mon mari réparait des télévisions et je passais ma journée à répondre aux clients. Il arrivait pour souper, parfois la table du diner était pas enlevée. Y’avait de l’action. Mon mari travaillait jusqu’à 10 h le soir, j’en profitais pour faire mon lavage car le jour j’étais occupée avec les clients. Quand on revenait le dimanche après-midi d’aller voir ma belle-sœur, y’avait des télévisions partout sur le perron, on les rentrait. Aujourd’hui j’ai des télé dans presque toutes les pièces de la maison.