Citoyenne avant tout, Odette aime ses aïeux, elle leur voue un respect sans borne, par le souvenir qu’elle entretient et pour ceux encore vivants, par les actions qu’elle soutient sans retenue.
Honnêtement je ne me sens pas en ‘mode’ vieillesse. J’ai réalisé qu’on me considérait comme tel avec la pandémie, quand on recommandait aux personnes de 70 ans et plus de rester à la maison. Je n’ai pas aimé cela car je me vois dans l’action tout le temps.
Je déplore le fait que les résidences pour personnes âgées ne se préoccupent pas assez de la dimension sociale. On a pas besoin de bâtisses surdimensionnées, plus d’endroit conçus à l’échelle humaine. Le plus important pour moi est de ne jamais déraciner une personne âgée, elle a besoin de passer ses derniers jours là où elle a vécu. Bien qu’elle soit trop grande, je me vois passer mes derniers jours dans la maison ancestrale que j’habite présentement.
J’habite la maison où sont nés mon arrière-grand-mère Dina, mon grand-père Alexandre, mon père Fernand et moi-même; ce lien d’appartenance est fort et mon souhait est de continuer à y habiter. La maison est grande et je vieillis; ce qui serait bien serait de la partager avec une autre personne ou une petite famille, des gens que je choisirais, avec qui je voudrais cohabiter.
Je ne vois pas la vieillesse de façon éteinte. Il faut provoquer des rencontres jeunes-vieux car on a besoin de ce genre d’interactions entre générations. On pourrait faire tellement plus et il y a des structures en place, comme MADA-Québec (Municipalité amie des ainés) qu’on pourrait rendre plus dynamique. Il y a des subventions qui viennent avec çà.
Il faut comprendre que le municipal est le premier interlocuteur du citoyen; ensuite vient la MRC qui a un pouvoir, celui de l’argent. Alors il faut s’impliquer, être là. De façon générale, les personnes âgées ne prennent pas assez la place qui leur revient.
On peut rester dans son salon à se plaindre, mais il faut amener la plainte là où ça compte. On est le nombre, les ainés sont le nombre. On peut être acteur de changement.
Cela s’applique aussi pour l’environnement. Parfois je me dis que nous sommes foutus, mais on l’est encore plus si on ne fait rien. Cela va aussi pour les organismes qui pourraient se faire entendre davantage sur la question de la crise climatique. Je suis convaincue que chaque organisation, qu’elle soit locale et ou régionale, pourrait revendiquer beaucoup plus qu’elle ne le fait présentement.
